vie d’antant

LA VIE DE NOS ARRIERE-GRANDS-PARENTS

Présentation de 12 pages de la brochure

Les Églises, Le Presbytère et le Cimetière

Nous sommes en 1821, date à laquelle la commune n'envisageait sûrement pas de construire une nouvelle église dans le village. Elle ignorait que dix ans plus tard, l'explosion démographique changerait tout en obligeant la population à prendre ce projet au sérieux et à envisager la réalisation d'une nouvelle église. D'ailleurs, vingt années ont été nécessaires pour faire mûrir ce projet.

En effet, en 1822, on fait encore l'achat d'ornements pour l'ancienne église : il fallut dorer le grand autel, réparer la chaire confessionnale, procurer des missels et bien d'autres livres encore.
Il fallut également un autre battant pour la grande cloche qui coûta 28 francs. Cette grande cloche a été fondue à Langenberg en 1816 et pesait 978 livres, ancien poids. Quant à la petite cloche, c'est à Créhange qu'elle a été fondue et elle pesait 771 livres, ancien poids.

Ces dépenses nous prouvent bien que l'on n'envisage pas alors de construire une autre église !

Ainsi, en 1822, la construction du nouveau presbytère se fit à l'emplacement où il se trouve aujourd'hui (là où on disposait d'un grand terrain !), donc assez proche du cimetière où était construite l'ancienne église.
Mais la commune connut une explosion démographique telle, qu'en 1831 on comptait plus de mille habitants ! Malheureusement, un fort taux de mortalité accompagna cette croissance démographique et le cimetière devint beaucoup trop petit.

Les choses se sont alors précipitées : le Préfet fit parvenir une circulaire au conseil municipal qui confirmait qu'au vu du nombre important d'habitants dans la commune, il fallait songer à faire un deuxième cimetière hors du village (la circulaire disait, entre autres, que le village étant éloigné de 1150 mètres, il fallait un second cimetière).

Suite à la demande des gens de Hémering, ce cimetière aurait dû être placé entre les deux villages. Ils demandèrent d'ailleurs, plus tard, à ce que la nouvelle église soit aussi construite à cet endroit, mais en 1843, six membres du conseil résidant à Guessling obtinrent, à l'unanimité, que la nouvelle église soit construite sur l'ancien emplacement. On peut se demander comment ils auraient réalisé ce projet !!!

Les Matrones et Sages-femmes

Les anciens ont sûrement encore en mémoire le temps où les femmes accouchaient à domicile. Quel événement dans les familles où on attendait l'arrivée d'un frère ou d'une soeur! Comme il n'existait pas encore de téléphone il fallait vite aller chercher la sage-femme.
D'ailleurs, une place lui était réservée dans le dernier banc de l'église afin qu'elle soit plus près de la sortie en cas d'urgence !
Au début du 18e siècle, on appelait ces femmes : les matrones.
Une définition de l'époque disait : " accoucheuse, femme forte, sage et vulgaire ". Ce dernier mot de la description est un peu fort et nous dirons plutôt " femme énergique ".

Elles n'étaient pas nombreuses, avaient souvent plusieurs villages à faire et devaient se déplacer par tous les temps, de jour comme de nuit et, bien sûr, presque toujours à pied.

  • La plus ancienne trace de ces matrones est une dame de Guessling : Élisabeth BLAISE épouse de FABRY Nicolas qui décéda en 1704. On cite aussi le décès de Marguerite PHILIPPE, matrone de Guessling en 1727.
  • Il y avait également une matrone du nom de Catherine REHEISS, femme de l'ancien Maire de Guessling Jean ALBRECHT, née en 1734 et décédée en 1804.
    Un document nous apprend que le 15 novembre 1789 est né un garçon, fils d'un couple de Guessling et baptisé " à l'instant " par la matrone.
  • En 1779 est né un frère du Général SCHMITZ, mais aucun nom n'a été donné à l'enfant qui était probablement mort-né.
    Il est dit qu'il a été baptisé " sur l'instant par la matrone Anne-Marie POTE " . Il faut noter qu'il n'était pas rare que la matrone soit obligée de baptiser un enfant qui ne devait pas survivre, car à cette époque, un enfant non baptisé n'était pas enterré sur le cimetière.
    Anne Marie POTE était la fille de Michel POTE et Marguerite KLEIN, tous deux de Hemering. Elle naquit en 1721, épousa Nicolas STRIMPFLER en 1745 et décéda en 1792, âgée de 72 ans.
  • On cite une sage femme du nom de Christine DIFFOUR, épouse de Jacques HOUPPERT.
  • Les sages-femmes qui se succédèrent continuellement causèrent beaucoup de souci à la commune qui croyait avoir trouvé la solution en 1829 avec Marguerite BRAUN, 27 ans, née à Guessling et épouse de M. VEBER.
  • Apparemment, ce n'était qu'illusion car en 1836 on signale qu'une sage-femme, Mme Catherine NICOLAY de Maxstadt, vaccina 31 enfants à Guessling, 35 enfants en 1837 et 13 enfants en 1839.
  • En 1848, enfin, une dame du nom de LANDOURE Suzanne, sage-femme qui possède le certificat du Jury de la Moselle en date du 24 septembre 1843, devait se présenter au Maire en acceptant les conditions du contrat qui stipulait notamment :
    - Que la sage-femme touche, pour le premier accouchement : 5 francs
    - Pour les accouchements suivants : 3 francs
    - Une prime à la fin de l'année de 100 francs
    - Un terrain de 15 ares mis à sa disposition par la commune.
    On ignore pourquoi, mais un mois plus tard, la sage femme voulut dénoncer son contrat.
    Avait-elle une autre offre plus avantageuse ?
    Le conseil municipal, avec son Maire en tête, protesta et décida de poursuivre la sage-femme pour qu'elle remplisse les conditions du contrat et se rende dans le village.
    La poursuite n'aboutit à rien, et la commune se retrouva à nouveau sans sage-femme.

  • Un mois plus tard, Mme Élisabeth SCHWARTZ, sage-femme, épouse de Georges LANG, déclara accepter le traité du 18 juin de Suzanne LANDOURE de Merlebach aux mêmes conditions.
    Tout devait donc rentrer dans l'ordre, mais malheureusement, pour des raisons que l'on ignore, quatre ans plus tard, la place de la sage femme du village était à nouveau vacante.

  • En 1852, le conseil municipal signe un contrat avec une demoiselle Rosalie DIHO, sage-femme possédant le certificat de capacité du Bas-Rhin, aux conditions suivantes :
    - 1 ère naissance : 5 francs.
    - Naissances suivantes : 3 francs.
    - Une prime de 85 francs par année, et une parcelle de terre de 15 ares.
    On remarquera que la prime de fin d'année a déjà diminué puisqu'on avait proposé une prime de 100 francs à Mme LANDOURE.

  • L'aventure recommence en 1859 lorsque le conseil municipal vote un crédit de 85 francs pour le traitement d'une sage femme "qu'il faut trouver". Conclusion : le problème n'est toujours pas résolu.

  • On apprend alors que le conseil vote 42,50 francs pour "commisération", au budget supplémentaire de l'année 1859, pour cette "femme, quoique non pourvue de diplôme, mais ayant suppléé la sage-femme et se trouvant dans un état d'indigence".
    La femme en question devait donc être très pauvre et on lui accorda l'autorisation de pratiquer les accouchements. Quelle époque, quand même !

  • Par la suite, on signale la présence, comme sage femme, de Marie Catherine JANSEM.
    Elle était l'épouse de Georges Auguste BECKER de Guessling.

  • Vers 1900, vivait une sage-femme du nom de Christine BARDOT, née en 1862 et décédée à l'âge de 51 ans. Elle était l'épouse de Joseph GRANDJEAN.

  • Par la suite, exerça une autre sage-femme, bien connue dans notre région : Marie MARING, épouse de Pierre MARING, que l'on appelait familièrement " THOMAS Marie ", une femme joviale, sympathique et pleine d'énergie.
    Elle pratiqua son métier jusque dans les années cinquante, nous gardons d'elle un souvenir très vivant.
    Comme vous pouvez le constater, la vie de ces matrones ou sages-femmes, n'était pas toujours de tout repos et il régnait probablement souvent une atmosphère fébrile dans notre commune quand une maman devait accoucher.

Les Institueurs et Institutrices de l'époque

La rétribution à payer à l'instituteur par chaque élève et par mois, est fixée à :

Pour ceux qui apprennent à lire, à écrire et à calculer : 25 centimes.
Pour ceux qui n'apprennent qu'à lire et à écrire : 20 centimes.

Le salaire de base de l'instituteur est de 250 francs par an, payé par la commune.
Vous constatez donc que l'enseignement n'était pas totalement gratuit à cette époque !

En 1843, la place de l'instituteur était vacante.
Mr Pierre RICHARD se présenta avec un brevet de capacité élémentaire, un certificat de moralité et un extrait de naissance de Pontpierre.
Il fut conclut qu'il percevra 300 francs par an, plus 75 francs pour les actes de l'état et tout ce qui regarde la commune, plus 1,15 francs par rétribution des élèves. Il touchera aussi du bois pour les salles d'étude.
En tout, l'instituteur pouvait se faire un salaire annuel d'environ 600 francs.

En 1851, Mr Pierre RICHARD démissionne de son poste d'instituteur et le conseil vote la nomination de Georges GASPARD pour son remplacement.
Ce dernier possède le brevet de capacité, plus le certificat de moralité de Grostenquin ainsi que l'extrait de naissance.
Son salaire annuel sera de 600 francs et il touchera 75 francs pour les inscriptions, ainsi que 25 francs pour les frais de bureau.
De plus, une somme de 100 francs par an lui sera allouée pour sonner les cloches et remonter l'horloge de l'église !

La même année, il y a acquisition, pour la somme de 2780 francs, de la maison à Hemering appartenant à Jean, Joseph, Marguerite, Barbe et Catherine BARO de Viller, pour en faire une école.

Le conseil vote également, en 1851, la somme de 75 francs pour le traitement d'une seconde soeur pour l'éducation des filles, selon les exigences des habitants de notre village !

Le 1er octobre 1854, on note la présence de Catherine ZIEGLER comme institutrice à Guessling, et celle de soeur Marguerite STERN à Hemering.

En 1857, le conseil municipal exprime le voeu au Préfet que l'école de Hemering soit confiée à un instituteur laïc, pour cause de très mauvaise discipline, et souhait de bonne éducation pour les garçons majoritaires, suite à la plainte des habitants de Hemering face à l'insuffisance des soeurs qui n'ont aucune autorité morale.

L'extrême pauvreté dans notre village pendant la période de l'épidémie du choléra en 1854

En cette année 1854, la commune dut probablement connaître les moments les plus difficiles de son histoire : quoi de plus éprouvant pour une famille que le décès d'un proche?

Or, la commune dénombra 64 morts uniquement suite à l'épidémie de choléra et ceci en l'espace de deux mois (août et septembre) ! On dénombra également dans la même année une dizaine de morts supplémentaires pour d'autres causes.
On peut noter que de 1852 à 1856, 150 personnes décédèrent dans notre commune : autant de décès chez les hommes que chez les femmes. Mais, bien entendu, ce sont les enfants en bas âge qui étaient les plus vulnérables. Ainsi, lors de l'épidémie de choléra, on constata le décès de 15 enfants de moins de 13 ans. Parmi eux, 4 enfants appartenaient à la même famille : celle d'un berger de la Mutche qui perdit 4 de ses dix enfants âgés de 8 mois, 2 ans, 4 ans et 6 ans. Il est difficile d'imaginer la douleur qu'ont pu ressentir ces parents !

Secourir les indigents était le souci majeur du conseil municipal de l'époque qui adressa une circulaire au Préfet en ces termes :

  • La population du village est au nombre de 1048 habitants
  • Le nombre d'indigents à secourir est de 260 habitants
  • Le montant des ressources chez tante nature est nul
  • La commune possède des biens, mais elle est endettée et par suite, elle est dans une impossibilité complète de faire quelque sacrifice
  • Il n'y a point d'habitants aisés qui puissent secourir les indigents
  • Une somme de 450 francs serait nécessaire

Le secours est nécessaire car les vins sont excessivement chers et de nombreux individus ne peuvent être employés aux travaux, alors que d'autres ne trouvent point de travail.

Pour expliquer cette phrase, il faut savoir qu'à cette époque, le vin était considéré comme un fortifiant et un moyen pour remettre sur pied un malade affaibli. Ainsi, pour soigner les malades, on dépensait plus d'argent pour le vin que pour les médicaments.
D'ailleurs, je crois que le recours au vin devait être, dans de nombreux cas, le seul moyen utilisé.
Aussi, bien que le conseil, suivi de son Maire, se plaigne au Préfet de la pauvreté de la commune, tous étaient d'accord pour aider d'autres citoyens nécessiteux de la commune.

Ainsi, l'année d'après, le conseil municipal vota une dépense de 100 francs pour donner du travail aux pauvres valides (faire les chemins ruraux) pendant l'hiver.
Puis ils votèrent une dépense de 150 francs pour le travail des pauvres indigents, afin de collecter les sources en une fontaine publique sur place, en face de l'église.

La pauvreté dans notre village

Par le passé, on crut toujours que l'augmentation impressionnante du nombre d'habitants (1048 habitants en 1850) correspondait à la construction de l'église, ce qui était probablement une erreur.
Bien sûr, on pourrait faire un rapprochement, car déjà en 1846, donc deux ans avant les débuts des travaux, on préparait les pierres pour la construction.

Mais en fait, dès 1831, notre village connut une explosion démographique qui est très difficile de comprendre. Rien ne nous indique pourquoi la population a tant augmenté.
Ainsi, d'après les archives communales de Guessling-Hemering, la commune comptait alors déjà 1008 habitants : 658 habitants à Guessling et 350 à Hemering. Il y avait 110 électeurs : 70 à Guessling et 40 à Hemering.

Il y avait à ce moment, dans la commune, déjà 86 pauvres valides et 40 pauvres invalides que l'on ne pouvait pas utiliser pour des travaux communaux. On signalait que de nombreux enfants devaient aller mendier pour vivre !

Pour soutenir les gens pauvres, le conseil vota une taxe sur les chiens, d'après la loi du 2 mai 1855, mais qui ne sera applicable qu'à partir du 1er janvier 1856, disant :

  • Un chien de 1ère classe (chasse ou agrément) payera 6 francs.
  • Un chien de 2ème classe (chien de garde) ne payera que 1 franc.

Les chiens d'agrément ne devaient pas être nombreux, mais, par contre, on peut considérer que chaque famille possédait sûrement un chien de garde.

En 1856, notre commune, pourtant déjà très pauvre, vota la somme de 20 francs pour secourir " les inondés du midi ". Ce type de catastrophe existait donc déjà à cette époque.
Ainsi, Messieurs les conseillers ont offert pour ces sinistrés :

  • Le Maire, Klein Jean 1 franc, Mr Thill 1 franc, Mr Muller 1 franc, Mr Banquel 1 franc, Mr Pefferkorn 0,5 franc, Mr Becker 0,5 franc, Mr Gross 1 franc, Mr Seichepine 1 franc.

  • Les élèves de l'école primaire participèrent également à cette collecte avec 1,25 francs. De plus, une souscription fut ouverte à la mairie.

  • Une liste de 24 noms (avec les professions) a été retrouvée, mentionnant la somme de 70,25 francs.

  • Mr Grimmer Pierre donna même 10 francs, Mr Thisse Jean, gendarme en retraite, donna 2 francs et Melle Dulco Suzanne Madeleine donna 5 francs (elle était la fille du Maire Dulco Nicolas, décédé en 1854 du choléra et de Madeleine Albrech de Lelling).

Plainte contre le maire et son adjoint en 1821

  "Séance extraordinaire du conseil municipal de la commune de Guessling-Hemering, convoquée par autorisation de Mr le Préfet du 12 février dernier sous la présidence du Doyen du Conseil.
Étaient présents : Mrs Nicolas Grimmer, Jean Hesse, Joseph Grimmer, Jean Thisse, Pierre Thill, François Seichepine, Jean Dulco, Christophe Grimmer et Nicolas Hesse".

A l'ouverture de la séance, il a été donné lecture de la plainte portée par les habitants contre le Maire et l'adjoint de la commune.
Nicolas Hesse, président, à d'abord fait observer au conseil qu'il fallait délibérer et que chacun donne son approbation ou son désaccord sur les plaintes portées contre le Maire et l'adjoint.

La plainte portait sur le fait que le Maire était cabaretier et que cet état était préjudiciable pour la commune. En effet, c'est au cabaret que le Maire réunissait ses conseillers pour prendre des délibérations donc dans un endroit où il y avait toujours des buveurs, ce qui rendait le conseil suspect.
Le Maire admit son état de cabaretier et promit qu'il réunirait le conseil plutôt à la mairie qu'au cabaret, tout en ajoutant que la commune étant dépourvue de maison communale, et qu'il fallait bien qu'il rassemble le conseil chez lui !

Le conseil municipal lui reprocha également qu'il était fort rare que les circulaires soient publiées.
Le Maire rétorqua qu'il avait fait publier celles qui étaient nécessaires.

Dans un troisième point, le conseil municipal critiqua le maire pour avoir vendu les restes de prés suivant la dite récolte en argent comptant, ce qui était préjudiciable pour la commune. Ils étaient d'avis que cet abus soit supprimé.

Le Maire admit avoir vendu la récolte des prés en argent comptant, mais s'il les avait vendus à crédit, "tous n'auraient pas payé et il n'aurait pas pu les forcer".
Le conseil municipal déclara alors que le Maire avait tort de vendre les contingents appartenant aux habitants sans leur consentement et qu'il aurait dû savoir que différents arrêtés du préfet ont défendu de commencer cette sorte de chose et donc que s'il ne le savait pas, il fallait s'informer.
Le Maire nia avoir connaissance de ces arrêtés et affirma que le conseil lui avait donné procuration pour les vendre.

Les trois conseillers engagés dans cette affaire, Nicolas Grimmer, Jean Nicolas Hesse et Pierre Thill, refusèrent de signer car : " ils n'ont point de plainte contre le Maire "
Le renvoi fut donc approuvé.

Donc tout est bien qui finit bien !
Il est à signaler qu'effectivement, à cette époque, la mairie en face de l'église n'existait pas encore. La séance de cette journée eut donc lieu en séance publique à la maison d'école.

La création d'un corps de sapeurs-pompiers en 1852

Il était sûrement bien motivé, Monsieur le Maire, dans la soirée du 9 mai 1852 lors de l'ouverture de la réunion du conseil municipal de notre village, quand il annonça la création d'un corps de sapeurs-pompiers.

Mais voilà qu'un membre du conseil, d'une seule phrase, lui coupa son enthousiasme en annonçant : " A quoi cela sert-il, nous n'avons même pas de pompe à incendie ! " 
Tous durent reconnaître les faits !...

Il aura fallu attendre encore dix ans après cette soirée, pour voir la création de ce corps de sapeurs-pompiers et trois mandats de maire ( 1852 à 1862 ).
Suite à une nouvelle délibération et avec l'approbation de Mr le Préfet en date du 3 mars de la même année, on décida enfin l'acquisition d'une pompe à incendie.

Afin d'acquérir cette fameuse pompe, le Maire fut chargé de faire un appel d'offre par concours, dans un journal.

Le conseil autorise donc le Maire à débattre un devis avec un facteur de bonne pompe à incendie.
Finalement, le Maire traita l'affaire avec Mr Maring Antonin, fabricant de pompes.
Ce dernier présenta la dite pompe au concours qui eut lieu à Guessling le 28 septembre 1862. Examinée par des experts avec un rapport très favorable d'après la démonstration, tous les habitants ont pu constater que la machine donnait de bons résultats.

Le conseil vota donc la somme de 1 310 francs pour le paiement de cette pompe sur les fonds de caisse.
Cependant, l'histoire ne s'arrête pas là, car un autre fabricant, la Société Lambert de Villefranche dans le Doubs, avait présenté une pompe qui n'a pas été retenue.
Ce dernier voulait un dédommagement pour ses frais de déplacement. Le conseil refusa sa requête en justifiant que le concours était ouvert à tous et que chacun devait prendre sa responsabilité et supporter ses frais de déplacements.

L'acquisition d'une pompe à incendie en 1863

Une année plus tard, en 1863, le conseil municipal vota un budget de 300 francs pour l'achat d'une " petite tenue de feu " pour la Compagnie de nos sapeurs-pompiers, composée de vingt hommes.

Ces 20 hommes étaient nécessaires pour manoeuvrer la pompe que venait d'acquérir la commune. La tenue devait se composer d'une veste et d'un pantalon de treillis comme caractère distinctif.

Ce texte est extrait de la délibération du conseil municipal de l'époque.

Il est vrai que pour manoeuvrer une pompe de cette taille, il fallait de gros bras et une équipe renouvelable de quatre hommes pour faire fonctionner cette dernière n'était pas de trop car nos soldats du feu étaient vite fatigués et devaient être remplacés toutes les demi-heures.

 



Les Fontaines, souci permanent dans le village

Un sujet occupait en permanence notre village et surtout l'esprit de nos élus : c'était les fontaines publiques.
A Guessling, nous connaissons celle du Gangoulf qui auparavant ne devait pas causer beaucoup de soucis, mis à part le fait qu'elle déborde de temps en temps et inonde le quartier.

Mais il y avait celle " au milieu de la rue ", près des maisons du Jupp, qui s"était écroulée en 1829 et qu"on ne devait plus reconstruire car il y avait un projet de construction d'une route allant de Faulquemont vers Grostenquin.

Un texte dit qu'en 1849, la commune fit venir Mr l'abbé Paramelle afin de connaître quelques bonnes sources pour y construire des fontaines. Ce dernier était donc probablement un sourcier de la région.
On trouva une fontaine au début du chemin qui mène vers le château d'eau, et une autre près de la maison de la famille Thiel, en face de chez Britscher.

Mais celle qui posa un problème, c'était le bassin devant la mairie, en face de l'église. Je pense qu'au début, ce n'était qu'un puits qui ne donnait pas satisfaction et qui était probablement souvent à sec.

On eut alors une idée géniale pour cette époque : puisque les sources n'étaient pas sur place, il suffisait d'aller les capter là où elles se trouvaient et de les réunir en un même lieu.
Le conseil vota donc un budget de 150 francs pour donner du travail aux pauvres indigents afin de collecter les sources en une fontaine publique sur place, en face de l'église.

On a donc d'abord construit un bassin devant la mairie, puis on a capté les sources à plus de 250 mètres du bassin du canton dit "ELTENPILCHEN", derrière la mairie.
En 1856, on écrivait que "les travaux pour la fontaine publique à la recherche de sources sont un complet succès ; au total, quatre sources qui donnent ensemble cent litres d'eau / minute".

Le Maire disait que tout le monde reconnaissait l'utilité de la fontaine publique, surtout "quand les puits sont à sec, on sait ce que vaut l'eau".
Il loue en plus le conseil de l'empressement qu'il a mis à le seconder pour mener les travaux à bonne fin, malgré les nombreuses contradictions qui se sont présentées.

Le projet de construire une route à travers le village

J'en reviens à ce projet, déjà mentionné, de construire une route à travers le village et entravé par la présence d'une fontaine située au milieu de la rue gênant ainsi le bon déroulement des travaux.
Mais, la fontaine n'était pas la seule fautive : en fait, cette route devait passer sur des terrains appartenant à des particuliers de notre commune qui n'étaient pas d'accord avec le prix qu'on leur proposait.

Après plusieurs années, la préparation des travaux put enfin commencer et ne fut pas de tout repos pour les conseillers et le Maire.
En 1837, il fallut l'intervention du Préfet qui promulgua un arrêté annonçant l'expropriation de certains riverains.

Il est dit, dans cet arrêté, que le Maire est autorisé à acquérir au nom de la commune, pour le redressement du tracé du chemin Nr 5 de Fouligny à Grostenquin, les terrains suivants :

Article 1

Mr Becker Christophe, cultivateur devra céder 25 ares et touchera au total 400 francs.
Mr Grimmer Nicolas, pour 26 ares touchera également 400 francs.
Mr Hoff Vincent, pour 3 ares, 164 francs.
Mr Becker Christophe, cabaretier, 3,5 ares lui apportant 145 francs.
Mr Muller Nicolas, 6 ares pour 252 francs.
Mr Hesse Jean Nicolas, 0,94 ares pour 31 francs.
Mr Arend Nicolas, tailleur, 4 ares pour 39,11 francs.

Article 2

Le Maire est également autorisé à vendre aux enchères les terrains ci-dessus, non utilisés pour la route.

Article 3

Le Sous Préfet est chargé d'assurer l'exécution du présent.

Mais, déjà en 1836, Mr Muller Nicolas et Mr Grimmer Nicolas expropriés, refusent de vendre leurs terrains pour le prix proposé. Mr Grimmer réclamait 150 francs pour 3 ares 39, mais l'offre de la commune n'était que de 83,33 francs.

Par contre, les autres propriétaires ont consenti les terres nécessaires pour la construction de la route.

Explication du lieu dit "Schinnkuhl"

Suite à une question posée aux élèves dans l'école de notre village, je me suis rendu compte que, ni les enfants, ni les parents ou grands-parents de notre commune, ne connaissent l'explication de cette dénomination (seuls certains souvenirs flous persistent). Il m'a donc paru intéressant d'en parler.

Deux versions s'offrent à nous pour expliquer l'origine de ce lieu-dit "Schinnkuhl" :

1ère version : écrite 

Dans la description des biens de l'abbaye de Saint-Nabor de Saint-Avold vers 1600, Jean TOUBA, prêtre historien de la région, nous rapporte, dans sa traduction de 1925, qu'un lieu de pendaison des malfaiteurs se trouvait près de la commune de Guessling.

Or, il existe effectivement, près du château d'eau, le lieu dit "GALGENAHT". D'après l'histoire, les seigneurs des lieux, qui avaient érigé une potence sur cet emplacement, pendaient les malfaiteurs après leur jugement. La traduction de "galgen" est potence. Toujours d'après l'histoire, il existait également sur les lieux une salle de tortures, où les prisonniers étaient enchaînés au cou et aux pieds.
On dénommait également ce lieu "colline des écorchés" dont la traduction allemande est "SCHINDEN". Il est donc facile de faire le rapprochement avec la dénomination, en patois, de "SCHINNKUHL" que les anciens connaissent bien.
On peut noter qu'à Saint-Avold, il existait autrefois le "Schinnerberg" qui signifiait aussi "colline des écorcheurs" au temps du Moyen-Age. C'était une façon cruelle de faire avouer leurs crimes aux malfaiteurs en leur arrachant la peau alors qu'ils étaient encore vivants !

2ème version : orale

Cette version dit que la Schinnkuhl se trouve également dans ce secteur, mais plus bas que le château d'eau, au lieu-dit "STRENGEL. Des deux côtés du chemin se trouvaient des carrières de pierres que les habitants exploitaient pour construire, vers 1845-1850, l'église, la mairie et le presbytère du village ainsi que des maisons d'habitation.
En extrayant péniblement ces pierres, les habitants s'écorchaient les mains, ce qui est probablement à l'origine du nom donné à ce lieu-dit SCHINNKUHL, KUHL voulant dire "carrière". La traduction intégrale donnant :  "carrière des écorchés".
Encore aujourd'hui, on emploie cette expression en patois : "Ich hann mich geschinnt"
. Cette version nous paraît être la plus plausible car elle est plus proche de nous, même si la première a autant de valeur, surtout historique.

En 1831, les particuliers qui construisaient leur maison avec ces pierres extraites de la carrière s'engageaient, par écrit, à respecter l'environnement. Ils déclaraient également payer tous les dommages qu'ils pouvaient occasionner avec leurs moyens de transport.
Il existe d'ailleurs plusieurs actes de ce genre dans les archives de la commune.

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