Années 1600-1800
Après la guerre de Trente Ans les plus courageux des villageois reconstruisent leurs maisons détruites et la vie reprend son cours. D’après des documents authentiques de l’époque qui relatent le combat que les deux villages engagent pendant des dizaines d’années contre les moines Bénédictins de l’Abbaye de Saint Nabor de Saint Avold pour avoir un Curé à part entière et ne plus dépendre de l’église mère de Boustroff.
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Guessling-Hémering dans la Grande Histoire
Pour comprendre le quotidien de nos ancêtres à Guessling-Hémering, il faut lever les yeux vers le destin mouvementé de la Moselle et de la Lorraine durant cette période charnière.
La guerre de Trente Ans
Le début du XVIIe siècle s’ouvre sur l’une des pages les plus sombres de notre région : la guerre de Trente Ans (1618-1648). Véritable cataclysme pour la Lorraine et la Moselle, elle apporte avec elle son lot de pillages (notamment par les troupes suédoises en 1635), de famines et d’épidémies de peste. À Guessling et Hémering, le constat est amer : des maisons détruites, des champs abandonnés et une population décimée.
Pourtant, dès les années 1640-1650, la vie reprend timidement ses droits. Des familles courageuses reconstruisent sur les ruines. C’est l’époque de la grande réorganisation des terres en 1684 par les moines de Saint-Avold, essentielle pour redessiner des limites de parcelles disparues et calmer les querelles de voisinage. Les bans de nos deux villages voient s’installer de nouvelles dynasties de laboureurs et de grands propriétaires.
La Lorraine, un État souverain disputé (1600 - 1766)
Durant presque toute cette période, Guessling-Hémering et la Lorraine ne sont pas français. Le Duché de Lorraine est un État indépendant, coincé entre le Royaume de France et le Saint-Empire romain germanique.
Occupations françaises régulières : Pour contrer l’influence de l’Empire, les rois de France (notamment Louis XIV) occupent militairement la Lorraine à plusieurs reprises au XVIIe siècle.
1766, le grand tournant : À la mort du dernier Duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski (ancien roi de Pologne et beau-père de Louis XV), le Duché est officiellement rattaché à la France. Nos ancêtres deviennent alors sujets du Roi de France, seulement quelques décennies avant la Révolution.
Les Trois-Évêchés et l'influence de Metz
a Moselle de cette époque est une véritable mosaïque géopolitique. À côté du Duché de Lorraine coexistent les Trois-Évêchés (Metz, Toul et Verdun), des territoires passés sous contrôle français dès 1552. L’Évêché de Metz possède de nombreuses terres et droits seigneuriaux sur nos bans. Cette dualité entre l’autorité du Duc de Lorraine et celle de l’Évêque de Metz explique les complexités juridiques auxquelles faisaient face les villageois lors de leurs procès.
Les fléaux du quotidien : Guerres et Épidémies
Si le XIXe siècle amènera plus tard les grandes épidémies de choléra et les guerres napoléoniennes, les XVIIe et XVIIIe siècles tremblent au rythme d’autres menaces :
La peste et les famines : Durant la guerre de Trente Ans, la peste noire ravage les campagnes mosellanes. Les hivers glaciaux (comme le terrible grand hiver de 1709) ruinent les récoltes, entraînant des famines mémorables.
Le passage des troupes : Située sur la frontière est de la France, la Moselle est le point de passage obligatoire des armées en campagne. Loger les soldats, subir les réquisitions de grains et de bétail fait partie du quotidien oppressant des laboureurs locaux.
La lutte pour l'indépendance spirituelle
Le XVIIIe siècle à Guessling-Hémering est profondément marqué par une quête d’autonomie religieuse. Jusqu’alors simples dépendances de la paroisse de Boustroff, les habitants des deux villages s’unissent dans un combat face aux puissants moines Bénédictins de Saint-Nabor de Saint-Avold. Ces derniers, qui perçoivent la dîme (l’impôt religieux de l’époque), rechignent à financer un prêtre à temps plein pour le village.
Cette lutte, faite d’enquêtes judiciaires, de pétitions et de témoignages traduits du dialecte local, aboutira finalement à l’érection de l’église de Guessling en cure autonome en 1754 par l’Évêque de Metz, scellant ainsi l’union spirituelle (et future fusion administrative) de Guessling et d’Hémering.
