Explication du lieu dit "Schinnkuhl"

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La version écrite

Dans la description des biens de l’abbaye de Saint-Nabor de Saint-Avold vers 1600, Jean TOUBA, prêtre historien de la région, nous rapporte, dans sa traduction de 1925, qu’un lieu de pendaison des malfaiteurs se trouvait près de la commune de Guessling. 

Or, il existe effectivement, près du château d’eau, le lieu dit “GALGENAHT”. D’après l’histoire, les seigneurs des lieux, qui avaient érigé une potence sur cet emplacement, pendaient les malfaiteurs après leur jugement. La traduction de “galgen” est potence. Toujours d’après l’histoire, il existait également sur les lieux une salle de tortures, où les prisonniers étaient enchaînés au cou et aux pieds.
On dénommait également ce lieu “colline des écorchés” dont la traduction allemande est “SCHINDEN”. Il est donc facile de faire le rapprochement avec la dénomination, en patois, de “SCHINNKUHL” que les anciens connaissent bien.
On peut noter qu’à Saint-Avold, il existait autrefois le “Schinnerberg” qui signifiait aussi “colline des écorcheurs” au temps du Moyen-Age. C’était une façon cruelle de faire avouer leurs crimes aux malfaiteurs en leur arrachant la peau alors qu’ils étaient encore vivants !

La version orale

Cette version dit que la Schinnkuhl se trouve également dans ce secteur, mais plus bas que le château d’eau, au lieu-dit “STRENGEL. Des deux côtés du chemin se trouvaient des carrières de pierres que les habitants exploitaient pour construire, vers 1845-1850, l’église, la mairie et le presbytère du village ainsi que des maisons d’habitation. 
En extrayant péniblement ces pierres, les habitants s’écorchaient les mains, ce qui est probablement à l’origine du nom donné à ce lieu-dit SCHINNKUHL, KUHL voulant dire “carrière”. La traduction intégrale donnant :  “carrière des écorchés”.
Encore aujourd’hui, on emploie cette expression en patois : “Ich hann mich geschinnt”. Cette version nous paraît être la plus plausible car elle est plus proche de nous, même si la première a autant de valeur, surtout historique.

En 1831, les particuliers qui construisaient leur maison avec ces pierres extraites de la carrière s’engageaient, par écrit, à respecter l’environnement. Ils déclaraient également payer tous les dommages qu’ils pouvaient occasionner avec leurs moyens de transport.
Il existe d’ailleurs plusieurs actes de ce genre dans les archives de la commune.