legende de la croix Pilchen

Une legende tragique qui a perturbe nos citoyens pendant deux generations.

croix_pilchen       Voici l’histoire de la croix de Anne Marie Pilchen qui se trouve route de Villers à Guessling et dont les dernières générations de notre village étaient persuadés qu’elle fut érigée en souvenir d’un homme qui se serait suicidé à cet endroit.

Grâce à des documents d’origine sur la bénédiction des croix par le curé de Pontpierre, Simon Verdenal, retrouvés dans les archives du conseil de fabrique de notre commune, nous avons appris que cette croix a bien été érigée et bénie le jour du 29 août 1830. Or c’est en 1936 que le suicide de cette personne aurait eu lieu!

Un témoignage oral en la personne de Monsieur Jean Bilthauer né en 1922 et demeurant route de Viller à Guessling nous a permis d’en savoir plus sur l’histoire de cette croix et de mettre fin à la «légende» qu’on lui attribuait.

Au moment des faits, Monsieur Bilthauer avait quatorze ans et fut l’un des premiers à avoir vu le corps sans vie.
Il nous raconte que la plus grande partie des habitants du village assistaient à la Grande Messe du dimanche matin quand le drame eut lieu. Il semble que l’homme en question, qui habitait le village voisin, était venu ce jour pour se faire couper les cheveux chez le coiffeur du village, Monsieur Ernest Grandjean habitant rue des Cloutiers.

En repartant sur sa bicyclette, il fit 300 mètres et, pour une raison que nous ignorons, s’arrêta devant la croix, sortit un pistolet et mit fin à ses jours.

La messe terminée, les plus curieux voulurent se rendre sur le lieu du drame. Le maire et les membres du conseil municipal relevèrent le corps pour le transporter à la mairie où il fut provisoirement déposé dans la buanderie.

L’affaire ne s’arrêta pas là car au moment de transporter le cercueil au cimetière, le curé voulut interdire son passage par le grand portail: en effet à cette époque, l’église interdisait le passage par le grand portail aux sujets qui avaient mis volontairement fin à leur vie. Seule une autorisation de passer le corps par-dessus le mur du cimetière était accordée.
Les porteurs ne se laissèrent pas impressionner par l’attitude du prêtre et forcèrent le passage avec le cercueil.

Voilà comment une simple comparaison de dates peut mettre fin à toute une légende!