Les curés

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Une cure retrouvée : la longue quête de l'indépendance

L’histoire religieuse de Guessling et de Hemering ne commence pas avec la création tardive de leur paroisse au 18e siècle. Elle prend ses racines dans un passé bien plus lointain, une époque où le village possédait déjà ses propres pasteurs. Les archives locales, bien que parcellaires et avares en détails, conservent les traces ténues de cette cure originelle. On y devine l’existence de prêtres résidents qui, bien avant les réorganisations territoriales de l’Ancien Régime, veillaient déjà sur les âmes de cette petite communauté lorraine.

Mais le temps et les appétits des grandes puissances ecclésiastiques vinrent effacer cette autonomie première. Intégrés au domaine temporel de la puissante abbaye bénédictine de Saint-Nabor à Saint-Avold, les deux villages perdirent leur cure au profit de la paroisse de Boustroff. Ce rattachement fut longtemps vécu comme un déclassement par les habitants. Gardant en mémoire le souvenir de leur ancienne indépendance, ils engagèrent au milieu du 18e siècle un véritable bras de fer juridique et théâtral contre leur abbé de tutelle pour récupérer ce qu’ils considéraient comme un droit historique : un prêtre à demeure et un clocher autonome.

Les visages de notre histoire paroissiale

Depuis le compromis arraché de haute lutte en 1755, pas moins de dix-neuf curés se sont succédé à la tête de la paroisse de Guessling-Hémering. Leurs ministères épousent les soubresauts de l’histoire mosellane, depuis les heures sombres de la déchristianisation révolutionnaire jusqu’aux bouleversements des guerres contemporaines et des annexions successives.

Chacun de ces hommes a laissé une empreinte, petite ou grande, dans le sol et les mémoires de nos villages. Voici la liste de ces gardiens du sanctuaire qui ont jalonné notre histoire :

  • Nicolas Hitzel (1755 à 1764) : l’homme de la renaissance. Il fut le tout premier curé de la paroisse nouvellement érigée et repose, selon les vœux de sa sépulture, dans l’ancienne église du cimetière.

  • Nicolas Lorschbach (1764 à 1778) : il consolida l’administration de la jeune paroisse après la disparition de son fondateur.

  • Jean Chrétien Remlinger (1778 à 1803) : le pasteur des tempêtes révolutionnaires. Il maintint la foi locale au milieu des tourments de la Révolution avant de s’éteindre au village en 1806.

  • Philippe Colt (1803 à 1820) : premier prêtre nommé sous l’ère du Concordat napoléonien, réorganisant le culte après la tourmente.

  • Joseph Groos (1820 à 1836) : seize années d’un ministère dévoué avant d’être nommé à Cattenom, sa dernière demeure.

  • Nicolas Kin (1836 à 1846) : il accompagna l’essor démographique du village à une époque où l’ancienne église devenait trop étroite.

  • Nicolas Thirion (1846 à 1852) : le grand bâtisseur de notre église actuelle. Son énergie permit d’élever le sanctuaire que nous connaissons aujourd’hui avant qu’il ne rejoigne Creutzwald puis Cattenom.

  • Jean Bernard Pletschette (1852 à 1868) : venu du Grand-Duché de Luxembourg, ce prêtre très aimé des paroissiens laissa sa tombe en témoignage dans notre cimetière communal.

  • Jean Pierre Siebert (1868 à 1883) : le curé de la première annexion allemande de 1871, guidant la paroisse à travers ce douloureux changement de patrie.

  • Pierre Marion (1883 à 1902) : près de vingt ans de présence sous l’administration du Reichsland d’Alsace-Lorraine, décédé plus tard à Strasbourg en 1912.

  • Eugène Schwartz (1902 à 1948) : le doyen absolu de notre cure. Avec quarante-six ans de ministère, il traversa les deux guerres mondiales et vit défiler trois changements de souveraineté nationale.

  • Edouard Robin (1947 à 1961) : desservant de Lelling, il accompagna la communauté durant les années difficiles de la reconstruction d’après-guerre.

  • Nicolas Theobald (1961 à 1971) : le prêtre des réformes de Vatican II, adaptant la liturgie moderne aux réalités de la vie locale.

  • Marcel Klink (1971 à 1989) près de deux décennies d’engagement et de présence familière auprès des familles de la commune.

  • Gilbert Brem (1989 à 1998) le guide des premières restructurations paroissiales modernes au sein des regroupements de la Nied.

  • René Schneider (1998 à 2012) quatorze années d’un épiscopat et d’une pastorale active.

  • David Chaudey (2012 à 2018) : il assura la continuité de la vie chrétienne à une époque de mutation pour les paroisses rurales mosellanes.

  • Sébastien Petitjean (depuis 2018) : curé actuel, héritier direct de cette longue et noble lignée de pasteurs qui veillent sur Guessling et Hemering depuis près de trois siècles.

L'histoire du curé Jean Chrétien REMLINGER et de son successeur Philippe COLT

Il est né à Saint Jean quartier de Sarrebruck, le 12 septembre 1730, fils de Philippe Remlinger maître d’école et de Odile Reichertin. 
Il fut ordonné prêtre le 18 septembre 1756 et fut nommé curé à Guessling le 24 mars 1778 sur présentation de Mr de Vareilles vicaire général et succéda donc à Nicolas Lorschbach, décédé.
La population était très attachée à cet homme qui, d’après les écrits, était un bon vivant.
Sa présence à Guessling se poursuivait sans histoire connue jusqu’à l’âge de la retraite.
Alors commença une période difficile pour lui, à savoir la cohabitation avec l’abbé Colt, qui dura trois ans.
Déjà à cette époque, il existait des conflits entre les jeunes et les anciens.
L’apprentissage des jeunes vicaires n’était pas toujours facile, et la rivalité entre ces hommes d’église était souvent néfaste pour la religion et pour la commune, bien sûr.
Un curé centenaire qui a vécu des faits analogues a témoigné dans ce sens et m’a rapporté son vécu.

Une correspondance abondante entre le curé Colt et l’évêché de Metz nous apprend que le curé Colt, énervé par le fait que la population soutenait son ancien curé, demanda à l’évêché de faire quelque chose, la cohabitation ne pouvant plus durer de cette façon.
L’évêché lui demandait d’avoir un peu de patience argumentant que le curé REMLINGER quitterait bien un jour ses paroissiens.
Le curé COLT, disait, entre autre, dans ses lettres, que l’église (et son alentour) était dans un désordre indescriptible, et que même les vaches traversaient le cimetière pour aller à l’abreuvoir.
De part cette remarque, on peut supposer que le niveau du cimetière n’était pas celui que nous connaissons aujourd’hui.

Acte de décès de Jean Chrétien REMLINGER.

En 1806; déclaration de décès d’après témoins.
L’an mil huit cent six le trente du mois de mai, ont comparu Christophe Philippe cordonnier à Guessling et Christophe Becker tisserand à Guessling lesquels nous ont déclaré, que le trente du mois de mai à deux heures du matin sieur Jean Chrétien Remlinger ex curé ci-devant la paroisse de Guessling est décédé a son domicile à Guessling, âgé de soixante seize ans natif de Saint Jean Sarrebruck, et les déclarant ont signé avec nous le présent acte après que lecture leur a été faite.

Le curé COLT demeura dans la paroisse jusqu’en 1820.
Durant son ministère, les habitants de Hemering ont déposé une requête auprès de l’évêché pour obtenir une Chapelle à Hemering.

L’évêché délégua Mr BOULANGER Curé de Morhange pour enquêter.
Les habitants de Hemering écrivaient que tous matériaux pour la construction de la Chapelle étaient disponibles et qu’un habitant de Hemering devait fournir le terrain.
Le rapport de Mr BOULANGER fut très sévère envers les habitants de Hemering. L’évêché ne donna suite à la demande des habitants de Hemering fortement déçus, car en réalité, il n’y avait ni matériaux, ni terrain pour la construction de la Chapelle.

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