1837 - Le projet de construire une route à travers le village

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Le projet de traverser le village par une nouvelle voie carrossable ne s’est pas fait en un jour. Derrière ce chantier d’envergure se cachent des années de négociations complexes, de compromis manqués et d’arbitrages préfectoraux.

Des obstacles techniques et financiers

À l’origine, deux freins majeurs bloquent le démarrage des travaux :

  • Un obstacle physique : Une fontaine publique, située en plein milieu de la chaussée projetée, paralyse le chantier.
  • Un conflit foncier : Le tracé exige l’acquisition de plusieurs parcelles privées. Or, les propriétaires locaux jugent les indemnités financières proposées par la municipalité bien en deçà de la valeur de leurs terres.

Face à cette impasse qui dure des années, la municipalité et le maire doivent mener de front de laborieuses tractations.

L’arbitrage de l’État et le recours à l’expropriation

Devant l’impossibilité de trouver un accord à l’amiable, le préfet intervient en 1837 en publiant un arrêté d’expropriation pour cause d’utilité publique. Cet acte officiel autorise le maire à acquérir, au nom de la commune, les parcelles indispensables au redressement du chemin n°5 reliant Fouligny à Grostenquin.

L’arrêté détaille précisément les transactions imposées aux riverains :

PropriétaireProfessionSuperficie cédéeIndemnité versée
M. Christophe BeckerCultivateur25 ares400 francs
M. Nicolas Grimmer26 ares400 francs
M. Nicolas Muller6 ares252 francs
M. Nicolas ArendTailleur4 ares39,11 francs
M. Christophe BeckerCabaretier3,5 ares145 francs
M. Vincent Hoff3 ares164 francs
M. Jean Nicolas Hesse0,94 are31 francs

Note de l’arrêté : Le maire est également habilité à revendre aux enchères les portions de parcelles acquises qui ne seraient finalement pas utilisées pour l’assiette de la route. La bonne exécution de cette décision est alors confiée au sous-préfet.

Une résistance locale tenace

Si la majorité des propriétaires finit par céder ses terres pour permettre la viabilisation de la route, la contestation gronde chez certains exploitants.

Dès 1836, MM. Nicolas Muller et Nicolas Grimmer s’opposent fermement aux tarifs imposés. M. Grimmer réclame notamment 150 francs pour une parcelle de 3,39 ares, alors que l’offre finale de la commune n’atteint que 83,33 francs.

Une différence de traitement qui illustre toute la complexité des négociations foncières de l’époque pour moderniser nos infrastructures locales.

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