Le cadre géographique et naturel de la commune de Guessling-Hémering

Situation géographique

Photo 076

Guessling-Hémering est une commune rurale du Grand Est, située dans le département de la Moselle (ancienne région de Lorraine). Elle se trouve au cœur de la Moselle-Est, à environ 15 km au nord-ouest de Saint-Avold et environ 45 km à l’est de Metz.

Le village est accessible principalement par des routes départementales : la D24 (est-ouest) qui le relie aux communes voisines (comme Pontpierre/Teting-sur-Nied à l’est et Vahl-lès-Faulquemont à l’ouest), et la D78 (sud-nord) vers Viller au sud. 

Faulquemont (7 km à l’ouest) dispose d’une gare TER (sur la ligne Rémilly–Saint-Avold–Stiring-Wendel) qui est la plus proche de Guessling-Hémering.

La commune fait partie de la communauté d’agglomération Saint-Avold Synergie et de l’arrondissement de Forbach-Boulay-Moselle. Elle appartient à l’aire d’attraction de Saint-Avold, ce qui témoigne de son intégration fonctionnelle dans le bassin de vie de cette ville moyenne.

Relief et géologie

topographie

Le relief de Guessling-Hémering est modéré et typique du plateau lorrain. L’altitude communale varie de 245 m (point le plus bas, généralement au niveau des vallons humides) à 319 m au point le plus élevé.

Le village lui-même est aux environs de 260-280 m d’altitude, sur un plateau légèrement ondulé. Le terrain présente de douces collines et vallons : on est ici sur la plaine du Bischwald, une plaine semi-ouverte du plateau lorrain, avec une altitude moyenne comprise entre environ 240 et 280m.

Aucune montagne ni escarpement marqué n’existe sur la commune, mais le paysage est légèrement vallonné du fait de l’érosion par les petits ruisseaux. Sur le plan géologique, le sous-sol est constitué principalement de marnes irisées du Keuper (Trias supérieur) et de grès rhétiens, recouverts par endroits d’un manteau de limons loessiques. 

Ces formations donnent des sols lourds et fertiles, mais sensibles au tassement en conditions humides. Le relief actuel n’a pas connu de modifications notables dues à l’homme, hormis les aménagements agricoles usuels.

Le profil topographique général reste donc aujourd’hui semblable à ce qu’il était historiquement, avec un plateau agricole dominant et des dépressions où coulent les ruisseaux.

Climat

GH parc neige

Le climat de Guessling-Hémering est de type semi-continental modéré, à la transition entre le climat océanique dégradé et le climat continental du nord-est de la France. D’après la classification de Météo-France (typologie 2020), la commune est rattachée à la région climatique “Lorraine, plateau de Langres, Morvan” et subit un climat semi-continental caractérisé par des hivers assez rudes (température moyenne du mois le plus froid autour de 1,5 °C), des étés chauds modérés, des vents généralement modérés et des brouillards fréquents en automne et en hiver. En 2010, une étude du CNRS la classait dans le « climat des marges montagnardes », illustrant l’influence continentale due à l’éloignement des influences atlantiques directes.

En matières de données météorologiques, la période de référence 1971-2000 donnait pour la région une température annuelle moyenne d’environ 9,6 °C et un cumul annuel de précipitations de 864 mm. Les précipitations sont réparties sur l’année, avec environ 11 à 12 jours de pluie par mois en hiver (janvier) et 9 à 10 jours en été (juillet). Plus récemment, sur la période 1991-2020, on observe un réchauffement notable : la température moyenne annuelle est montée à 10,7 °C (mesurée à la station météo de Lesse, à 13 km) et les précipitations annuelles moyennes ont diminué vers 694 mm.

Ce glissement climatique en quelques décennies traduit des étés plus chauds et légèrement plus secs qu’au XXe siècle. Les extrêmes relevés à la station voisine illustrent la continentalité du climat : on a enregistré une température maximale de 40,3 °C lors de la canicule du 27 juin 2026, et une minimale de -20,7 °C durant l’hiver 2009.  Ainsi, les habitants connaissent des hivers pouvant être très froids avec gelées marquées, et des étés ponctuellement caniculaires. Les chutes de neige sont régulières en hiver sur le plateau lorrain, sans être exceptionnelles (quelques dizaines de cm cumulés certaines années).

À l’horizon du milieu du XXIᵉ siècle, des projections climatiques (DRIAS 2020) sont disponibles et indiquent, selon différents scénarios, une poursuite du réchauffement et possiblement une évolution du régime des précipitations. En somme, Guessling-Hémering bénéficie d’un climat tempéré à influence continentale, avec une saisonnalité marquée (étés tièdes à chauds et hivers froids) et un régime de pluies bien réparti mais en légère baisse tendancielle.

Rivières et réseau hydrographique

5338320Master

La commune se trouve dans le bassin versant du Rhin, plus précisément dans le bassin de la Moselle (sous-bassin Rhin-Meuse) via la rivière de la Nied. Aucun grand cours d’eau ne traverse directement Guessling-Hémering, mais le territoire est drainé par trois principaux ruisseaux de petite taille : le ruisseau de la « Fischerei », le ruisseau « Bruhlgraben » et le ruisseau de l’Étang de Sauerloch. Ces cours d’eau prennent naissance ou transitent sur la commune, formant des vallons humides. Le ruisseau de la Fischerei parcourt environ 5,3 km et traverse plusieurs communes avant de rejoindre le réseau hydrographique de la Nied Allemande (un affluent de la Sarre puis de la Moselle). De même, le ruisseau de l’Étang de Sauerloch s’écoule vers le sud de la commune en direction de Bistroff, contribuant à alimenter les eaux de la vallée de la Nied du Bischwald. À l’échelle locale, ces ruisseaux ont un débit modeste et partiellement intermittent, mais suffisent à créer un maillage de petites vallées verdoyantes dans le paysage. 

En plus des cours d’eau, le territoire comprend des zones humides d’intérêt. On note la présence de l’étang de Sauerloch, un petit plan d’eau localisé à l’est, dans le secteur du ruisseau éponyme, ainsi qu’une partie du marais de Lelling-Guessling-Hémering. Ce marais, d’environ 35 ha, s’étend à la limite nord-est de la commune (partagé avec Lelling) et constitue une zone humide remarquable par sa végétation et sa faune. Il est constitué de prairies marécageuses et de roselières alimentées par les eaux stagnantes des ruisseaux voisins.

Par ailleurs, bien que l’étang du Bischwald (grand plan d’eau de 210 ha) soit situé principalement sur les communes voisines de Bistroff et Grostenquin, il influence directement le milieu de Guessling-Hémering. En effet, la plaine du Bischwald (du nom de cet étang) forme l’unité paysagère dont fait partie Guessling : le point central en est cet étang de Bischwald de 210 ha, bordé de vastes roselières et cariçaies (laîches) sur 15 km de berges. L’étang du Bischwald, d’origine médiévale (mentionné dès 1447) sert de réserve d’eau et de site de pêche, et sa présence a favorisé le développement de zones humides périphériques (prairies inondables, mardelles, etc.).

Les mardelles sont d’ailleurs très nombreuses dans la forêt communale : près de 300 dépressions humides temporaires parsèment le massif, représentant environ 11 ha supplémentaires d’habitats aquatiques saisonniers. L’ensemble de ces éléments hydrologiques (ruisseaux, étangs, marais et mares) contribue à une riche trame bleue communale.

L’eau y est gérée dans le cadre du SAGE (Schéma d’aménagement et de gestion des eaux) du Bassin Houiller, plan qui couvre la région triangulaire entre Creutzwald, Faulquemont et Forbach et vise à protéger la ressource en eau tant superficielle que souterraine.

La qualité des eaux des ruisseaux locaux est suivie à l’échelle du bassin de la Nied ; globalement, ce sont des eaux bien oxygénées mais pouvant être chargées en matières organiques lors des crues.

Forêts

5338357Master

La commune de Guessling-Hémering est en grande partie rurale et boisée sur sa portion sud. En 2018, environ 28,2 % du finage communal était couvert de forêts. Le principal massif est la forêt communale de Guessling-Hémering, d’un seul tenant, qui s’étend sur environ 264–268 hectares au sud du village. Ce bois occupe les hauteurs (entre 255 m et 320 m d’altitude) et constitue la lisière septentrionale du grand massif forestier du plateau lorrain. Il est géré sous le régime forestier par l’Office National des Forêts (plan d’aménagement approuvé en 2011) et certifié PEFC pour sa gestion durable.

Essences forestières : il s’agit d’une chênaie-charmaie typique : la forêt résulte d’anciens taillis-sous-futaie dominés par les chênes pédonculés et sessiles, avec un sous-étage et des bosquets de charme et quelques hêtres. On y rencontre aussi en mélange d’autres feuillus : frêne commun, merisier, alisier torminal, aulne glutineux dans les endroits humides, etc. Les résineux sont peu représentés, à l’exception d’une plantation d’épicéas d’environ 6 ha héritée d’anciennes pratiques sylvicoles. La forêt est donc majoritairement feuillue, de qualité moyenne à bonne selon les parcelles, avec certains peuplements de chêne remarquables par leur belle venue.

D’un point de vue écologique, le massif de Guessling-Hémering constitue un élément essentiel de la trame verte locale. Il abrite un réseau hydrographique interne important : de nombreux ruisseaux temporaires sillonnent l’intérieur et les pourtours du bois, alimentant des dépressions humides. De plus, la forêt compte une multitude de mardelles, petites mares forestières d’origine naturelle ou anthropique, qui retiennent l’eau en hiver et au printemps. Ces mardelles, souvent bordées d’une flore hygrophile, servent de points d’eau temporaires pour la faune. L’ensemble du massif forestier est reconnu pour sa valeur écologique et est intégré dans le périmètre Natura 2000 “Plaine et étang du Bischwald” au titre de la Directive Oiseaux. La forêt communale, tout comme l’étang du Bischwald et les prairies humides voisines, fait partie de cette Zone de Protection Spéciale (ZPS) de 2 512 ha créée en 2007.

Plusieurs espèces d’oiseaux d’intérêt communautaire y trouvent refuge, notamment le Pic mar, le Gobemouche à collier ou le Grimpereau des bois observés dans le bois de Guessling. La présence de ces oiseaux forestiers, ainsi que de rapaces nicheurs dans le massif, atteste de la bonne conservation de ces habitats forestiers.

À l’échelle locale, la forêt joue aussi un rôle social et récréatif : sentiers de randonnée (comme le parcours « À la découverte des mardelles »), chasse communale et points de vue sur la plaine environnante en font un élément identitaire du paysage de Guessling-Hémering.

Historiquement, cette forêt était exploitée en taillis et fournissait bois de chauffage et pâture (glands, faînes) aux habitants ; aujourd’hui, elle est gérée de manière multifonctionnelle pour la production de chêne de qualité, la préservation de la biodiversité et l’accueil du public.

Zones agricoles

20200516_161901

L’espace agricole occupe la majorité du ban communal, s’organisant autour du village et sur le plateau dégagé au nord et à l’ouest. D’après les données Corine Land Cover, en 2018 l’agriculture représente 64,3 % de la surface de la commune, une proportion quasi inchangée par rapport à 1990 (65,1 %). Ce pourcentage important reflète le caractère très rural de Guessling-Hémering.

Le finage se compose d’une mosaïque de cultures et prairies : 24 % du territoire en zones agricoles hétérogènes (parcelles de polyculture, vergers, jachères…), 21 % en prairies permanentes et 19,4 % en terres arables labourées. Les terres arables sont principalement en grandes cultures céréalières et oléagineuses intensives (blé, orge, colza… rotation typique dans la région). Les prairies correspondent à des herbages utilisés pour la fauche et le pâturage, témoignant de la présence d’un élevage bovin local. En effet, l’agriculture locale reste orientée vers la polyculture-élevage traditionnelle de Lorraine : on y trouve des exploitations céréalières, mais aussi des fermes d’élevage qui valorisent les prés pour alimenter des troupeaux de vaches. Les zones agricoles hétérogènes incluent les cultures fourragères (maïs ensilage, luzerne…), quelques vergers familiaux et potagers, ainsi que des bosquets ou haies intraparcelles. Cette diversité interne crée un bocage diffus dans certaines parties de la commune, notamment vers le marais de Guessling où des haies subsistent le long des prés humides.

L’organisation parcellaire actuelle résulte en partie du remembrement agricole réalisé dans la seconde moitié du XXᵉ siècle, comme dans beaucoup de communes rurales de Moselle. De larges champs ouverts entourent aujourd’hui le village, favorisant une mécanisation aisée. Néanmoins, des bandes boisées et des talus ont été préservés par endroits, notamment en périphérie des zones humides, ce qui maintient une certaine connectivité écologique.

En 2020, on dénombrait autour de 10 à 15 exploitations agricoles actives sur le ban communal. La plupart sont de type familial (EARL ou GAEC), spécialisées soit en grandes cultures, soit en élevage laitier, parfois un mix des deux. La structure agricole tend à la concentration : comparé aux décennies passées, le nombre d’agriculteurs a diminué, mais la superficie moyenne par ferme a augmenté. Malgré cela, l’agriculture reste un pilier du paysage et de l’économie locale. Aucun vignoble ni culture spécialisée d’ampleur n’est présent, et la forêt empêche toute extension agricole vers le sud.

Globalement, la physionomie agricole de Guessling-Hémering a peu changé depuis des siècles : le cadastre napoléonien et les cartes anciennes montraient déjà un terroir compartimenté entre labours, prés et bois, exception faite de la vigne, qui était longtemps présente sur le village. La stabilité de la part agricole (64 % du territoire) entre 1990 et 2018 souligne d’ailleurs cette continuité d’usage des sols.

À noter qu’en bordure sud-est, les terres marécageuses du marais de Guessling n’ont jamais été réellement cultivées du fait de leur humidité, servant historiquement de parcours à bétail et de prairies de fauche tardive.

Paysages notables et évolution historique

Paysage général 

20200516_162606

Guessling-Hémering offre des paysages typiques du plateau lorrain oriental, mêlant champs ouverts agricole et massifs boisés.

En arrivant sur la commune, on découvre un panorama doux : des champs ouverts occupant le plateau, ceinturés au sud par la lisière sombre de la forêt communale, et ponctués çà et là de haies et d’arbres isolés (saules têtards dans les prés humides, chênes ou fruitiers en bord de champ).

Vers l’est et le nord-est, le regard porte jusqu’à la large vallée de la Nied : la plaine du Bischwald s’étend, semi-ouverte, en une mosaïque de prés et de cultures parsemée de bosquets et parcourue de haies vives.

Le grand plan d’eau du Bischwald, bien que principalement sur la commune voisine, est un élément structurant du paysage visible depuis les hauteurs de Guessling : ses étendues scintillantes et ses ceintures de roseaux attirent l’œil et servent de repère. Au crépuscule, il n’est pas rare d’apercevoir des vols d’oiseaux d’eau (hérons, oies, canards) passant au-dessus des champs, témoignant de la proximité de cette zone humide d’importance.

L’harmonie entre prairies humides, étang et forêts confère à l’ensemble du territoire communal un caractère bucolique et préservé. Un paysage notable est le marais de Guessling : depuis la route de Lelling, on observe une dépression verdoyante où alternent roseaux, prairies inondables et saules, avec en arrière-plan la futaie de la forêt communale. Dans le village, le bâti traditionnel (maisons lorraines à granges) s’aligne le long de la rue principale, et autour, les vergers et jardins prolongent en douceur l’espace cultivé. L’église au centre du bourg constitue un point de vue local sur la campagne environnante. Aucun « site » spectaculaire (gorge, sommet, etc.) n’est présent, mais c’est la quiétude du paysage agro-forestier et son authenticité qui font le charme de Guessling-Hémering.

Éléments paysagers et évolutions historiques

Blockhaus de la ligne Maginot de Guessling-Hémering

Historiquement, le paysage de Guessling-Hémering a peu changé dans ses grandes composantes depuis l’époque moderne. Les cartes anciennes (carte de Cassini au XVIIIᵉ siècle, carte d’état-major du XIXᵉ) montrent déjà un territoire partagé entre les labours, les prés et les bois Autrefois, la présence de nombreuses haies structuraient le parcellaire ; un certain bocage entourait le village pour contenir le bétail. Une évolution notable fut le mouvement de défrichements au XIXᵉ siècle : certaines petites forêts ou friches ont été mises en culture, ce qui porta l’espace agricole à son maximum.

Inversement, le XXᵉ siècle a vu un léger reboisement spontané de zones marginales et la plantation de conifères (sapins) dans le bois communal après la Seconde Guerre mondiale, mais l’empreinte reste mineure. L’aménagement de l’étang du Bischwald en vaste retenue date du milieu du XXᵉ siècle, renforçant la surface en eau pour l’irrigation et la pêche, mais globalement cet étang existait depuis le Moyen Âge.

La stabilité de l’occupation des sols sur les dernières décennies est attestée par les données Corine Land Cover : entre 1990 et 2018, la part des terres agricoles n’a quasiment pas bougé (environ 64 %), la forêt est restée autour de 28 %, et seules les zones urbanisées ont légèrement augmenté (passant d’environ 5 % à 6,6 %). Cette faible artificialisation traduit l’absence d’étalement urbain significatif : le village est resté de taille modeste et les terres cultivées n’ont pas été fortement consommées par l’urbanisation.

En matière de patrimoine paysager, on peut signaler quelques éléments ponctuels : des fontaines, un alignement d’arbres, ou encore des vergers de mirabelliers et de quetschiers en périphérie du bourg qui égayent le paysage en été.

Durant le XXᵉ siècle, la commune a aussi été marquée par l’installation d’ouvrages de la Ligne Maginot dans les environs (secteur fortifié de Faulquemont), sans toutefois que cela ne transforme le paysage en dehors de quelques bunkers camouflés en lisière de bois et sur le ban de Téting-sur-Nied.

Retour en haut